Submission
Melanie Akeret, Martin Bonnaz, Elise Corpataux, Natacha Donzé, Gritli Faulhaber, Sylvie Fleury, Marta Margnetti, Caro Niederer, Achraf Touloub et Ye Xe.

Zurich surprise

epuis plusieurs années en Suisse, la pratique de la peinture semble fédérer des positions très diverses. Des artistes de plusieurs générations se relayent et se déploient créant un nouveau vocabulaire pictural. Pour "Zurich surprise", Alfredo Aceto et Leila Niederberger ont souhaité réunir différentes perspectives autours du médium de la peinture. Les positions de chacun.e.s se se répondant ou se croisant.


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zurich surprise
8 may – 19 june 2021
melanie akeret, martin bonnaz,elise corpataux, natacha donzé, gritli faulhaber, sylvie fleury, marta margnetti, caro niederer, achraf touloub, ye xe

C’est annoncé comme une surprise, cela aurait tout aussi bien pu être une party, à défaut de faire scène. Les artistes rassemblés par Leila Niederberger et Alfredo Aceto sont nés dans les décennies 1980 et 1990. Sylvie Fleury et Caro Niederer font exception ; elles endossent le rôle de figures tutélaires. Toutes et tous travaillent en peinture et en sculpture, deux médiums traditionnels que les pratiques photographiques, conceptuelles, performatives ou installatives ne parviennent pas à achever, quoi qu’on en veuille. À l’heure où naissaient ces artistes, ceux qui deviendraient leurs professeurs mettaient en place leur propre travail en dialogue avec les préoccupations des décennies d’alors : post-conceptualisme, appropriationisme et néo-géo, notamment. Ces pratiques se caractérisaient déjà par le remploi d’idées, d’images ou de formes dont le sens était renouvelé par un changement de contexte. Aujourd’hui, ce sont naturellement ce type de travaux que la génération nouvelle reprend, critique et complexifie. Et c’est précisément ce que zurich surprise donne à voir.
Deux éléments viennent aujourd’hui enrichir les préoccupations des artistes : d’une part une prolifération des images encore accrue à l’ère de leur digitalisation et de leur dématérialisation. Cette prolifération met une fois de plus en crise le statut même des images, qui apparaissent moins conçues pour être contemplées – ou simplement regardées – que pour générer du traffic, du clic et du like, et donc favoriser par rebond l’efficacité d’un système marchand qui fait son lit des interstices entre les posts des réseaux. Rien de nouveau sous ce soleil-là : les telenovelas qui remplissaient les grilles des programmes télévisuels du 20e siècle étaient conçues pour conditionner émotionnellement les téléspectateurs à être réceptifs aux publicités qui rythmaient leurs épisodes. Ainsi, l’intérêt porté à la banalisation de l’image fait-il logiquement suite à la reconsidération, à la fin du siècle dernier, de la culture populaire par les acteurs d’une culture considérée comme savante. Aujourd’hui, le travail d’Elise Corpataux ou Melanie Akeret est sous-tendu d’une inquiétude face à des images que trop de présence invisibilise. Leur disparition dans le flux accroche la question de la mémoire dont elles sont porteuses, centrale pour Caro Niederer. Chez Ye Xe, c’est la mutation-même d’une image en perpétuelle reconfiguration qu’elle tente de figer.
Un identique souci d’élargir les champs de références en examinant à nouveaux frais des productions qui émanent de domaines marginalisés par le récit moderniste de l’autonomie de l’art domine l’attention nouvelle portée aux arts dits décoratifs. Arts textiles, papiers-peints, modénatures, carrelage ou calligraphie constituent ainsi un important répertoire de formes qui oscillent entre image et motif. Martin Bonnaz, Gritli Faulhaber, Marta Magnetti et Archraf Touloub puisent dans ces sources, devenues nouvellement pertinentes, qu’ils articulent aux formes autorisées du grand récit de l’art moderne et contemporain. Natacha Donzé, enfin, construit ses compositions sur des contrastes entre les registres d’images plus encore que sur l’agencement d’éléments iconographiques et recycle encore d’autres types d’imagerie, notamment médicale, thermique ou astronomique.
Ce qui peut résumer tout cela, assez banalement, c’est que si les images n’ont jamais été autant omniprésentes qu’aujourd’hui, leurs statuts n’ont jamais non plus été aussi indéterminés. Tous ces artistes qui interrogent notre rapport à l’image, désignent ses affadissements ou capitalisent ses potentialités, questionnent donc une manière d’être au monde et de communiquer par le regard.

– David Lemaire, mai 2021